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Fabella Shop ou l’histoire d’un couple qui dirige d’une main de fer le 1er site e-commerce beauté au Sénégal

A la tête du leader de l’e-commerce beauté au Sénégal, on retrouve ce duo de serial entrepreneurs : Joséphine Azamah, 26 ans, diplômée d’un master en sciences de gestion option Gestion De Projets et Création d’Entreprise et Felix Simaki, 27 ans, diplômé en Finance et Comptabilité. Des idées claires en tête, une rigueur militaire et des compétences complémentaires, voilà les ingrédients magiques des fondateurs de Fabella Shop, le site e-commerce beauté le plus visité au pays de la Téranga.

 

La naissance du pionnier de l’e-commerce beauté au Sénégal

C’est en 2014 que les jeunes togolais venus poursuivre leurs études supérieures à Dakar ont commencé leur aventure entrepreneuriale. Lorsqu’ils créaient Fabella, Joséphine et Félix étaient encore étudiants. “ Créer ma propre entreprise, c’était l’essence même de ma formation, il fallait donc trouver un projet”, indique Joséphine. C’est pratiquement le même état d’esprit qui animait Félix. “Lorsqu’on était encore sur les bancs de la FAC, nous avons constaté que la plupart de nos ainés se plaignaient de ne pas trouver de boulot ni de stage à la fin de leurs études. L’idée était donc de se mettre déjà sur un projet pour ne pas nous retrouver dans la même situation”, renchérit le jeune homme de 27 ans.

 

La force de Fabella shop, c’est leur duo. Les deux co-fondateurs le revendiquent. Ils pensent à deux, dirigent à deux et leurs compétences se complètent.

 

L’idée de créer Fabella shop, ils y ont réfléchi à deux. Mais à la base, il faut savoir que Joséphine et Félix, c’est un couple. “On y pensait depuis un moment. Et puisque la passion de Joséphine ce sont les produits de beauté, et moi l’informatique, tout naturellement elle s’est tournée vers sa passion pendant que moi je m’occupais de la partie technique”, explique Felix.

 

La force de Fabella shop, c’est leur duo. Les deux co-fondateurs le revendiquent. Ils pensent à deux, dirigent à deux et leurs compétences se complètent. Les résultats suivent. En effet, en 2017, dans le célèbre rapport d’Emmanuel Bocquet sur l’e-commerce au Sénégal, Fabella Shop était à la tête du classement des sites en ligne les plus visités au Sénégal dans la catégorie beauté et bien-être. En 2018, il maintient sa position de leader dans ledit classement.

 

C’est avec rigueur et dans un état d’esprit d’excellence que Joséphine et Felix ont partagé les dessous de leur aventure entrepreneuriale avec nous.

 

Pourquoi avoir opté pour internet et non une boutique physique ?

JA : en tant qu’étudiants, nous n’avions ni le temps, ni les ressources financières pour allier les études et la gestion d’une boutique physique. C’est ce qui a motivé le choix du lancement de Fabella Shop exclusivement en ligne.

 

Avez-vous démarré votre business sur fonds propres ou bénéficié d’un financement extérieur ou d’un appui d’une structure d’accompagnement pour l’entreprenariat ?

JA : nous nous sommes débrouillés avec nos fonds propres. Tout ce que nous gagnions était systématiquement réinvesti dans le business.

 

Et quel était votre capital de départ ?

JA : un peu moins de 500 000F CFA. On a commencé par des produits coûtant entre 1000 et 2000 CFA en moyenne. Nos premiers pas étaient faits avec la page Facebook et presque immédiatement suivi avec le site web. Les commandes se sont donc d’abord effectuées via le réseau social et par téléphone, avant qu’on ne centralise le tout sur le site.

 

Pourquoi passer de Facebook au site pour les commandes au lieu de faire les 2 ?

JA : par souci d’une gestion de stock plus facile. Au début, une cliente pouvait passer une commande d’un rouge à lèvres sur Facebook, puis une autre sur le site. Au moment d’expédier les commandes, on se rendait compte qu’on avait juste un seul en stock. Or avec le site, la gestion de stock se fait tout seul. On y retrouve en plus toutes les informations concernant les produits.

 

Combien d’articles écoulez-vous aujourd’hui par semaine, par mois ?

FS : c’est relatif, ces données sont particulièrement variables.

 

Vous êtes plus du genre à vendre les produits tendances ou tous les produits d’une même gamme ?

JA : à nos débuts, nous proposions simplement des produits tendances de la blogosphère américaine. Aujourd’hui que ce soit sur du capillaire, corporel ou du maquillage, nous sommes surtout à l’écoute de notre clientèle. Nous faisons de notre mieux pour ainsi leur proposer les produits les plus adaptés.

 

Et avez-vous proposé des produits capillaires, corporels et du maquillage dès le lancement de Fabella ?

JA : au lancement nous proposions déjà ces trois catégories de produits, mais avec une plus grande concentration sur les produits capillaires. Aujourd’hui, nous avons autant de produits capillaires que de maquillage et de soins du visage et de corps. Je suis à l’affût des demandes des consommatrices, des nouveautés sur Facebook et Instagram et de ce qui se passe sur YouTube.

 

 

Comment devient-on le 1er site e-commerce dans le domaine de la beauté au Sénégal ?

 

Le fait que nous ne vendons pas de contrefaçon rassure énormément nos clients.

 

FS : à force de travail et de recherche perpétuelle d’amélioration. Chez nous, le client est au centre de nos préoccupations. Nous essayons au mieux de répondre à toutes leurs attentes. Il faut également noter que depuis le début de l’aventure, nous ne proposons que des produits authentiques. Le fait que nous ne vendons pas de contrefaçon rassure énormément nos clients.

 

JA : De plus, la présentation du site est concise, claire et bien structurée. Les produits sont bien décrits et classés. Toutes les informations concernant l’utilisation, le dosage et la description y sont présentes. Ainsi, le client trouve facilement ce qu’il cherche. Notons aussi que l’ancienneté joue également un rôle important dans cette notoriété..

 

Étant (encore) des salariés, comment gérez-vous Fabella ?

FS : notre duo se charge du management. Aujourd’hui nous avons la chance d’avoir une superbe équipe, constituée de gestionnaires de commandes, de livreurs pour l’acheminement et d’un partenaire à l’étranger. Nous sommes 8 au total.

 

Arrivez-vous à vivre de Fabella shop en tant qu’entrepreneurs ?

Les 2 : oui

JA : toute l’équipe est rémunérée

FS : au tout début, le top management ne prenait aucun franc dans l’affaire, tout était réinvesti. Aujourd’hui ce n’est plus le cas.

 

Au bout de 3 ans, vous arrivez à vous rémunérer alors que d’autres prennent plus de temps, comment expliquez-vous cela ?

 

Après 5 ans de comptabilité et de gestion, nous n’avions pas le droit à une mauvaise gestion.

 

JA : je ne sais pas ce qui se passe dans les autres boites mais en toute humilité, on fait le maximum pour bien gérer. Après 5 ans de comptabilité et de gestion, nous n’avions pas le droit à une mauvaise gestion. Je rappelle qu’on ne s’est pas rémunéré au tout début, on a attendu d’atteindre un certain niveau avant de le faire.

 

Depuis combien de mois vous rémunérez-vous ?

JA : on va dire après 18 mois d’activité.

 

Je suppose que vous n’allez pas nous dire combien vous gagnez…

FS : non (rires), cette question aura une jolie réponse dans quelques années.

 

Pourquoi vous n’êtes-vous pas devenu distributeur de grandes marques ici au Sénégal ?

JA : les grandes marques ne s’associent pas à des distributeurs qui n’ont pas la capacité d’écouler une certaine quantité. Les achats minimums demandés ne sont pas évidents et se chiffrent généralement à des milliers d’euros ou dollars. Nous sommes en phase de croissance, on y arrivera un jour. Cependant, à ce jour nous sommes déjà distributeur des marques comme Maybelline NY, Bold Make Up, Les Secrets de Loly

 

Comment trouvez-vous le domaine de la beauté et cosmétique au Sénégal ?

FS : Il y a du tout. Rires. C’est assez intéressant et dynamique. Un produit sort ce vendredi à New York et au Sénégal, on le cherche déjà.

JA : c’est un domaine assez bouillonnant. Tout ce qui touche au maquillage, au capillaire, au soin et à la parfumerie est plus dynamique ici au Sénégal comparé à certains pays de la sous-région. Le seul hic, c’est la présence monstrueuse de contrefaçon sur le marché.

 

Comment gérez-vous ce problème de contrefaçon dans votre entreprise ?

 

Quand vous voyez un article aux USA dans une boutique à 30$ et qu’il est vendu à 5000 CFA à Dakar, il faut vous dire qu’il y a un problème.

 

JA : avec Internet, on peut tout savoir aujourd’hui. Nos clientes habituelles savent que nous ne vendons que des produits authentiques, nous y veillons. Pour les nouveaux internautes qui s’intéressent à nos produits et doutent de leur qualité, ils peuvent effectuer eux même la vérification. Il suffit d’aller sur Google pour comparer les caractéristiques du produit, le prix auquel nous le vendons à celui de la boutique officielle pour se faire une idée quant à son authenticité. Il est logiquement impossible de le vendre moins cher.

 

FS : Oui en effet, c’est relativement facile de savoir si un produit est vrai ou faux. Quand vous voyez un article aux USA dans une boutique à 30$ et qu’il est vendu à 5000 CFA à Dakar, il faut vous dire qu’il y a un problème, ce n’est pas cohérent. Cela permet de faire la part des choses dans un premier temps.

 

 

Sauf que d’autres sites e-commerces précisent qu’ils arrivent à vendre moins cher car ils ont des prix fournisseurs. Un produit de la marque  Black-Up vendu à 19$ à Sephora peut être vendu moins cher sur un site e-commerce beauté au Sénégal. Et c’est bien de l’original. Que répondez-vous à cela ?

FS : Oui c’est possible, mais la différence de prix sera légère. Pour reprendre votre exemple, ce produit de la marque Black-Up, s’il est authentique, il ne peux en aucun cas être revendu ici à moins de 10$.

JA : En effet, si le produit est vendu à -50% ou -70% du prix original, à mon avis, c’est qu’il y a un problème.

 

Et vous arrive-t-il de vendre moins cher que le fournisseur du produit en question ?

JA : Cela arrive sur certains articles mais la différence n’est pas énorme. Quand la différence de prix est vraiment importante sur un site e-commerce, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas (contrefaçon, produit périmé qui fait qu’on le déstocke …).

 

Quelles sont les difficultés rencontrées au quotidien en tant qu’entrepreneurs dans le domaine de la cosmétique dans l’e-commerce ?

JA : les potentielles clientes ne savent pas forcément comment utiliser la plateforme pour passer la commande malgré toutes les explications et vidéos. C’est la première difficulté.

FS : certaines disent que le produit est trop cher par rapport à ce qu’elles ont trouvé ailleurs.

JA : et ce sont des personnes qui ne s’y connaissent pas et ne se rendent pas compte que cet autre produit est une contrefaçon. C’est un frein et un motif d’abandon à l’acte d’achat

 

Comment gérez-vous les personnes qui abandonnent parce qu’elles n’arrivent pas à passer commande sur le site ?

FS : certaines nous contactent au téléphone et on leur explique étape par étape comment elles doivent s’y prendre.

JA : et ça nous permet de rattraper le coup et d’éviter l’abandon.

 

Et pour celles qui n’appellent pas ?

FS : elles abandonnent souvent à la dernière étape où elles auront déjà renseigné leur numéro de téléphone. On les rappelle pour les accompagner dans le processus d’achat

 

Une autre difficulté que nous avons est que certains clients ne comprennent pas que l’achat en ligne est un processus, elles veulent passer commande toute de suite et être livrée toute de suite. Pourtant nos délais ne sont pas longs. Ils sont de l’ordre de 24 à 48H.

 

Envisagez-vous l’ouverture d’une boutique physique ?

JA : du tout, on reste fidèle à notre choix de départ : le commerce en ligne pour le moment.

 

Quelle est votre valeur ajoutée ? Vos forces ?

 

C’est aussi notre complémentarité. Chacun est bon dans son domaine, la qualité du site on le doit à Félix, le choix des produits à Joséphine. Il y’a aussi, en toute modestie notre maîtrise de la partie finance et gestion du projet en rapport avec nos formations.

 

 

FS : la qualité et le prix.

JA : pour moi c’est le site de par son attractivité, les produits proposés qui répondent au besoin de la clientèle.

Les 2 : C’est aussi notre complémentarité. Chacun est bon dans son domaine, la qualité du site on le doit à Félix, le choix des produits à Joséphine. Il y’a aussi, en toute modestie notre maîtrise de la partie finance et gestion du projet en rapport avec nos formations.

Les 2 : en résumé, des prix raisonnables tout en veillant à l’authenticité des produits et à la qualité. C’est ce qui nous définit. (Rires)

 

Faites-vous des études pour le choix des produits vendus par Fabella ? Comment savez-vous qu’un tel ou tel article va marcher ?

 

… quand Joséphine piste les choses, il ne faut pas se poser des questions : ça va marcher, elle a du flair.

 

 

 

JA : l’étude se fait au niveau financier pour voir si les marges sont intéressantes. Personnellement, je suis les pages Instagram des grandes marques, de même que les tendances chez les Youtubeuses et les blogueuses. La notoriété de la marque et son image jouent aussi un rôle capital.

FS : et quand Joséphine piste les choses, il ne faut pas se poser des questions : ça va marcher, elle a du flair. D’après notre expérience, si on vend un nouveau produit, les autres suivent et le vendent car ils savent que ça va intéresser les consommatrices.

 

Pourquoi selon vous, les grandes marques de cosmétique ne s’installent pas au Sénégal ?

FS : je pense qu’elles vont bientôt venir. Ça commence déjà. Mais il faut d’abord que le marché soit encore plus mature. Il n’est pas évident pour une marque comme Anastasia Beverly Hills par exemple qui vend un rouge à lèvres à 20 000 de s’installer à Dakar. Elle n’est pas sûre de pouvoir liquider son stock surtout avec des produits contrefaits juste à côté.

JA : avec un stock important, il n’est pas évident avec la contrefaçon et le pouvoir d’achat de la cible, d’écouler son stock comme il faut. C’est un risque.

 

Et si les marques s’installent au Sénégal, Fabella et ses concurrents vont-ils survivre ?

FS : il y’a quelques années, un distributeur MAC était venu avec son stock d’ordinateurs. MAC était obligée de s’aligner aux prix appliqués sur le marché européen car n’étant pas prêt à vendre moins cher à cause de son image. Après, ils ont finalement fermer car ce n’était pas évident d’écouler facilement un ordinateur à 900 000 CFA. Tout ça pour dire que le Sénégal est particulier il faut bien connaître le marché. Les grandes marques vont devoir mettre du temps avant de s’adapter aux mentalités, c’est ça la difficulté. La preuve, de grands noms comme Cdiscount et Africashop ont dû fermer.

 

Quelles leçons avez-vous apprises de cette aventure entrepreneuriale ?

 

… je trouve que l’entrepreneuriat n’est pas assez valorisé. Quand tu dis que tu es entrepreneur, les gens disent que tu te cherches. C’est dommage.

 

FS : je dirai la patience, surtout pour prendre la décision d’intégrer une nouvelle marque. Ensuite il faut une certaine rigueur dans le travail. Ce qu’on fait comme service, on essaie de le faire avec un sérieux irréprochable. Quand on dit que les commandes doivent passer sur le site c’est forcément qu’elles doivent se faire par ce canal. Lorsqu’on reçoit une commande, on appelle pour confirmer avec le client, le localiser avant de livrer. C’est le process qu’on s’efforce de respecter

 

Et pour finir, je trouve que l’entrepreneuriat n’est pas assez valorisé. Quand tu dis que tu es entrepreneur, les gens disent que tu te cherches. C’est dommage.

 

Vous vous voyez comment dans 5, 10 ans ?

FS : comme Sephora

JA : non seulement au Sénégal mais aussi partout en Afrique. Du Sephora mais exclusivement en ligne ou les clients (hommes & femmes) pourront passer commande et se faire livrer dans l’immédiat.

 

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